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Un petit oiseau
Je t’ai aperçu,
ce matin,
désemparé,
dans mon jardin.
Apeuré,
tu
crevais de froid.
Petit oiseau
en
désarroi,
ici, tu
t’étais
égaré,
toi, le
migrateur
chevronné.
Ton plumage
était
sombre et terne,
tes yeux
avaient de
tristes cernes.
Je me sentais
plutôt
penaud.
Comment parler
à
un oiseau ?
Ton regard
interrogateur
reflétait la
peine et la peur.
Je t’ai
laissé
entrer chez moi,
tu t’es
abrité
sous mon toit.
Alors, tu
t’es mis à
chanter.
Ton
passé, tu
m’as raconté.
Je viens d’un pays
merveilleux,
choyé par le
soleil radieux.
J’ai connu le
désert aride,
l’oasis et ses eaux
limpides.
Mon passé est
empreint de gloire.
Qui donc ne connaît
pas l’histoire
du fier
Nabuchodonosor,
Mésopotamie et
consorts ?
Puis vint la
domination perse,
enfer et violence
perverse
que furent ces
conflits sanglants
entre chrétiens
et musulmans.
Avec la
ruée
vers l’or noir,
j’ai, peu à
peu, perdu espoir.
Partout surgissaient
des derricks,
de longs tracés
d’oléoducs.
Pour moi, pétrole
est synonyme
de rivalité et
de crime.
Le sang coule encore
et toujours.
Des gens rodent tels
des vautours
à l’affût
de nouveaux défis.
Ils ne pensent qu’à
leurs profits.
Hier, j’ai quitté
le désert.
Le climat était
trop amer.
La guerre ne fait que
durer.
Je crains ce qui va
se passer.
Le petit oiseau
s’était
tu.
Aussitôt, il a
disparu.
Ô petit oiseau
du désert !
Il faudrait que tu
persévères.
Tu pourrais prendre
ta revanche,
te muer en colombe
blanche…
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